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25 septembre 2014

HERVÉ GOURDEL DÉCAPITÉ

Le groupe Jund Al Khilafah est passé à l’acte et mis sa menace à exécution. Le randonneur français, Hervé Gourdel, enlevé dimanche sur les hauteurs du Djurdjura (Tizi-Ouzou), a été décapité par ses ravisseurs revendiquant une allégeance à l’organisation de l’Etat islamique en Irak et au Levant (Daesh. La triste nouvelle a été diffusée via une vidéo postée hier mercredi et dans laquelle, selon l’AFP, la décapitation a été montrée.

Sofiane Aït Iflis – Alger (Le Soir)

 


La vidéo en question montre l’otage agenouillé, les mains ligotées derrière le dos, entouré de quatre hommes encagoulés et armés de fusils mitrailleurs. L’un d’entre eux lisait, écrit sur un bout de papier, un message intitulé «message de sang pour le gouvernement français». 
Un message où il est fait explicitement allégeance à Abu Bakr Al Baghdadi, le chef de l’organisation de l’Etat islamique en Irak et au Levant.
Dans son message, le groupe terroriste affirme aussi qu’à l’expiration de l’ultimatum fixé à la France, il a décidé de tuer l’otage «pour venger les victimes en Algérie (…) et en soutien au «khalifa» proclamé par Al Baghdadi.
Le randonneur français, qui savait qu’il allait être exécuté, s’est exprimé un court instant dans la vidéo, disant tout juste qu’il embrassait ses parents et ses enfants. A la fin du message de ses ravisseurs il s’est vu trancher la gorge et sa tête est exhibée tel un trophée alors que le reste du corps gisait par terre. Images insoutenables.
Le Premier ministre français Manuel Valls n’avait pas confirmé hier devant l’Assemblée l’authenticité de la vidéo et donc de l’exécution d’Hervé Gourdel. 
Le groupe autour de l’enlèvement du randonneur français avait diffusé une vidéo lundi montrant Hervé Gourdel entre deux de ses ravisseurs et distillant un message par lequel il demandait à la France de renoncer à sa participation à la coalition internationale anti-EIIL en Irak, faute de quoi il exécuterait l’otage. 
Mardi, les hautes autorités françaises ont adopté un langage de fermeté, affirmant qu’elles ne céderaient pas au chantage. Le président français François Hollande a rejeté mardi l’ultimatum fixé par le groupe terroriste. En même temps que cette attitude de fermeté de la France, les autorités algériennes ont mobilisé de manière diligente tous les moyens nécessaires afin de traquer les ravisseurs et retrouver l’otage. 
La presse nationale d’hier mercredi a fait état du déploiement d’un contingent de 1500 militaires pour passer au peigne fin la région où a eu lieu le rapt. Le déplacement dans la région des généraux majors Ahmed Boustilla et Abdelghani Hamel, respectivement commandant de la Gendarmerie nationale et directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) a été également évoqué. Ce déplacement de deux hauts responsables de sécurité dans la région signifie que la menace estampillée désormais Daech ou (EIIL) est vraiment prise au sérieux. D’autant que le groupe, auteur de l’enlèvement et de l’exécution du ressortissant français, serait celui qui, en avril dernier, alors qu’il opérait encore sous la bannière d’AQMI, avait tendu une embuscade à un convoi de l’ANP chargé de sécuriser le scrutin présidentiel, tuant 14 soldats et blessant 11 autres.
Ce groupe s’est, depuis, quelque peu éclipsé avant de réapparaître samedi dernier dans la région de Saharidj, dans la wilaya de Bouira. 
En effet, des randonneurs sont tombés nez à nez avec des terroristes qui les ont interrogés, délestés de leurs téléphones portables, argent et autres objets de valeur avant d’être invités à quitter les lieux.
Le lendemain, Hervé Gourdel, qui bivouaquait avec 5 de ses amis algériens, est pris. Il a été enlevé au lieudit Tizi n’Kouilal alors qu’il regagnait le campement avec ses 5 amis.
Le groupe terroriste auteur de la décapitation d’Hervé Gourdel agirait sous les ordres d’un certain Gouri Abdelmalek, dit Khaled Abou Sulaiman, un sangunaire activant depuis plusieurs années dans les régions de Tizi-Ouzou, Boumerdès et Bouira. 
S. A. I.

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