L'entretien de la semaine
26 septembre 2015

M. Samir Elksouri, vice-secrétaire général, chargé des médias auprès d’APOCE, au soirmagazine : «Les nouveaux médias ont plus d’impact»

Par Sarah Raymouche
Elle dispose d’une page Facebook des plus lues et commentées en Algérie. Elle est la bête noire des producteurs et des frauduleux. Il s’agit de la page Facebook de l’Association pour la protection et l’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce). Cette organisation a choisi, dès sa création, de se lancer dans les réseaux sociaux pour dénoncer, avertir et contribuer à l’émergence d’une conscience collective. Dans cet entretien, M. Samir Elksouri, vice-secrétaire général, chargé des médias auprès d’Apoce, répond au Soirmagazine sur l’ampleur de ce phénomène.

Soirmagazine : Depuis quand active votre association et quelle est son périmètre d’intervention ?

Samir El Ksouri : Créée en novembre 2011, notre association est à caractère social et active dans le mouvement associatif spécifique à la protection du consommateur, qui s’est fixé les objectifs liés à la vie quotidienne du citoyen algérien. Il s’agit de sensibiliser et orienter les consommateurs, défendre les intérêts moraux et matériels des consommateurs, travailler à améliorer la qualité des biens de consommation et de services, travailler à la réduction des cas de fraude et de tromperies dans les produits et services, et les affronter, et enfin assurer un environnement sain pour la vie du consommateur, et la vie des gens qui prennent soin d’eux. Donc, l’association est active dans le domaine du consumérisme, la défense du consommateur à travers son orientation et surtout relever les abus à l’égard du consommateur.
L’environnement est l’une des principales activités de l’association d’autant plus qu’elle regroupe des chercheurs spécialisés dans le domaine du traitement des déchets solides et liquides, dont certains ont des brevets d’invention dans le domaine de l’assainissement solide. Il faut, aussi, signaler que nous activons dans la wilaya d’Alger.

Comment vous est venue l’idée de créer une page Facebook ?
Dès la création de l’association, nous nous sommes orientés vers des médias non classiques. Quand j’évoque les médias classiques, j’englobe les prospectus et les dépliants. Nous avions remarqué que les Algériens ne lisaient pas ce genre de brochures. Nous étions alors convaincus que notre message à travers ce genre de canaux ne pouvait passer. Vous savez que lorsque nous donnons une brochure à un passant, la plupart du temps, il la jette. Donc, c’est une perte. C’est pour cela, que dès la création de l’association, nous nous sommes orientés vers les réseaux sociaux. Nous avons créé des comptes sur Facebook, Twitter et Youtube. Nous avons, petit à petit, trouvé une réelle adhésion et un engouement pour nos messages et nos dénonciations. Ils sont tout simplement relayés.
La société civile s’est ainsi manifestée. Et nous avons commencé à relayer des requêtes anonymes pour protéger leurs émetteurs. Cela a engendré un succès. Et cela est démontré par le chiffre suivant : plus de 95 000 personnes nous suivent.

Depuis, cela a pris plus d’ampleur, n’est-ce pas ?
Tout à fait, d’association locale qui active dans la wilaya d’Alger, nous nous sommes retrouvés à relayer des requêtes qui nous arrivent de tout le territoire national. Lorsque nous évoquons les requêtes, il s’agit de plaintes ou de dénonciations ou encore une demande d’explication.
En plus, lorsque nous relayons les requêtes sur Facebook, près de 48 heures après la diffusion de l’information, il y a un feed-back. Et ceci dans la plupart du temps. Nous faisons en sorte de faire connaître les réponses pour un objectif bien clair. Il ne s’agit pas de se faire de la publicité mais de dire que les consommateurs peuvent faire changer les choses.

Pensez-vous que ce genre de médias a de l’impact ?
Oui, bien sûr qu’il y a un impact. En plus, il y a deux types de répercussions : directs et indirects. Pour le premier, il s’agit de l’augmentation du nombre de requêtes qui est de trente par jour avec une moyenne de 1 000 requêtes par mois. Ce qui démontre l’adhésion de l’association civile à notre démarche. Elle est devenue Associée. Alors qu’auparavant, elle ne croyait pas à sa capacité de faire avancer les choses. Avec la médiatisation à travers les réseaux sociaux, la société civile a pris conscience.
Pour nous, c’est déjà très important et c’est un grand pas dans notre société actuelle. Pour le second type d’impact : c’est la répercussion immédiate envers le produit incriminé. Cela se traduit par le retrait du produit du marché ou bien encore la saisine de la Direction du commerce et de la prévention. Il est clair qu’une dénonciation fondée sur notre page Facebook entraîne, sans conteste, des répercussions à plusieurs niveaux. C’est très important pour le consommateur algérien d’avoir une tribune dans laquelle il peut s’exprimer. Et bien sûr nous prenons en considération certains facteurs pour ne pas faire dans la dénonciation calomnieuse ou bien encore nous savons à quel moment on doit divulguer le nom de l’entreprise. Pour cela, nous avons des conseillers juridiques.

Les algériens ont-ils repris confiance ?
A travers les réseaux sociaux, les Algériens prennent la parole pour titiller le pouvoir afin de faire bouger les choses. Nous les encourageons à nous envoyer leurs requêtes. D’autant plus que notre statut a changé, face à la demande croissante, nous avons obtenu notre agrément pour activer sur le territoire national.
En effet, depuis la fin du mois dernier, l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce) est devenue une organisation nationale. Elle se lance également le défi de procéder à l’installation des bureaux au niveau de toutes les communes du pays.

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