La réconciliation comme constante ou le désir de postérité

Par Boubakeur Hamidechi
boubakeur.hamidechi@Yahoo.fr

S’achemine-t-on vers la recomposition d’un nouveau pôle islamiste que l’on baptisera, d’ailleurs, d’un acronyme moins compromettant ou, au contraire, tout ce qui se distille à travers certaines déclarations n’est que rumeur ? Dans les deux cas, Monsieur Ouyahia, en sa qualité de maître d’œuvre des fameuses consultations, a tout intérêt à lever ces équivoques. Continuer la lecture

Samba si, dollar no !

Par Maâmar Farah
farahmadaure@gmail.com

Dans moins de deux semaines, la planète se mettra à l’heure du football, sport-roi par excellence, qui soulève les passions partout. Source de prestige pour les états, il mobilise aussi un argent fou. Depuis que l’aventure a commencé un certain été de l’année 1930 au cœur de Montevideo, capitale d’un pays méconnu, l’Uruguay, la compétition planétaire revient comme un métronome tous les quatre ans et n’a manqué son rendez-vous que deux fois (1942 et 1946) à cause de la Seconde Guerre mondiale.

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Humanité, quand tu nous tiens

Youcef Merahi
merahi.youcef@gmail.com

Ainsi donc, ça «constitutionne» à la Présidence ! Tout ce que compte comme m’khakh l’Algérie défileront, en rangs serrés, pour «consensualiser» la prochaine mère des lois. Elle sera consensuelle pour perpétuer le mouvement du pouvoir vers son ascension astrale. Il suffit, pour cela, de compter le nombre de participants, sous l’arbre à palabres d’El-Mouradia. Simple arithmétique, ya kho !

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L’énigme Sissi

Par Ammar Belhimer
ammarbelhimer@hotmail.fr

Robert Springborg, professeur en affaires de sécurité nationale à la Naval Postgraduate School, dresse le portrait saisissant du nouveau chef de l’Etat égyptien dans la revue américaine Foreign Affairs, sous le titre fort significatif : L’islamisme secret de Sissi : rhétorique et réalité sur le nouveau président égyptien (*).

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Alerte aux «djinns» à El-Oued !

Par Ahmed Halli
halliahmed@hotmail.com

Il y a des histoires qui font pleurer, d’autres qui font sourire, et il y a celles qui vous laissent le choix du rire ou des larmes, de la révolte ou de la résignation. Cette histoire s’est passée à El-Oued, ou «Oued-Souf» la ville aux mille coupoles, en passe de devenir un point de passage pour une nouvelle variété d’envahisseurs malintentionnés, les «djinns». Car, en Algérie, pays à qui le monde entier en veut, il n’y a pas de bons «djinns», mis à part les délavés comme dirait Slim, et s’il y en a, ils doivent être des as de la furtivité et du camouflage.

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Balade dans le mentir-vrai (17) La traversée somnambule

Par Arezki Metref
arezkimetref@free.fr

Par l’un de ces jeux de cache-cache du destin, l’histoire qui avait commencé à Varsovie ensevelie sous un hiver floconneux, finit sous le soleil incendié du Vieux-Port de Marseille. Finit ? Façon de parler ! Les histoires qui n’ont pas commencé finissent-elles jamais ? 
Je me revois au mois d’août 1977, traînant sur la Canebière un de ces cabas en polystyrène à la mode d’alors.

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Manœuvres sordides : l’invention de 52 partis

Par Boubakeur Hamidechi
boubakeur.hamidechi@Yahoo.fr
Les partis politiques existent-ils encore ? Carbonisés à petit feu durant 15 années au moins combien sont-ils encore à végéter à la périphérie d’un pouvoir qui ne les sollicite que pour sa «bonne» cause. C’est ainsi que l’on vient d’apprendre qu’ils ne seront pas moins de 52 partis à participer à la prochaine consultation ! Un chiffre littéralement ahurissant et une invraisemblance arithmétique qui, en définitive, montre bien qu’ils ne sont perçus, soit pour certains, sous l’angle numérique d’épouvantails-alibis soit pour d’autres de masse de manœuvre lorsqu’ils bénéficient d’une relative visibilité.
Pour peu que la fanfaronnade des services d’Ouyahia aboutisse, ils seront tous présents à l’appel du mois de juin. Car quels que soient les sigles derrière lesquels ils défileront, ils ne sont globalement considérés que comme des boîtes à outils du système.
Qu’ils aient collaboré (au sens péjoratif de ce vocable) lors de la campagne d’allégeance ou, au contraire, qu’ils aient gardé le strict minimum de distance politique afin de se prévaloir d’un certain scrupule, ils partagent in fine la qualité peu gratifiante de dépendre essentiellement des stratégies du pouvoir. Depuis des années ne s’est-on pas, en effet, interrogé souvent sur ce qui fait la différence entre ces chapelles ? Et ne s’est-on pas, également, contenté de quelques infimes distinguos qui ne se mesurent qu’à la dérisoire marge qui les sépare dans la disponibilité à la compromission ? Dans l’opinion publique justement l’idée que l’on se faisait des libertés politiques ne s’est-elle pas fortement dégradée à la suite du spectacle qu’ils avaient offert d’eux-mêmes ? Sans absoudre la responsabilité primordiale des pouvoirs dans la démonétisation de la démocratie des partis. L’on ne peut, cependant, ne pas imputer à ces derniers la part de leur immaturité dans le domaine de l’éthique.
Et c’est donc vers la société politique que doivent converger les interrogations relatives à la capacité de ce pays à déverrouiller le système en cause. Car dans son ensemble, le maillage partisan du champ politique avait plutôt contribué à la régénération ponctuelle de celui-ci, notamment à travers la doctrine perverse du «participationnisme» aux fausses messes des élections.
Que de temps à autre quelques acteurs du passé avouent l’absurdité de leurs démarches est assurément significatif de l’ampleur de l’échec. En deux décennies ou presque, l’invalidité des partis a-t-elle jamais été un motif suffisant pour amorcer un mouvement de recomposition ? Celui qui aurait dû déboucher sur des plates-formes de bloc où devaient venir s’agréger les faisceaux d’appareils pour ne former que deux ou trois grandes familles politiques à la représentativité suffisante et même lisible pour l’électeur. C’est d’ailleurs de l’existence de ces microcosmes partisans que profite justement le pouvoir pour amplifier ridiculement l’éventail de sa consultation. 52 partis dont l’activité, pour la plupart d’entre eux, n’est que formelle. Etonnamment, la lente agonie des courants politiques qui ne surent à aucun moment dépasser la culture clanique ou la vanité de pseudo-leaderships, devra nécessairement laisser un espace à de nouveaux modes d’organisations dans la société. La crise nationale dont la gravité ira en s’amplifiant ne pourra pas se passer d’un contre-pouvoir dont les formes restent à inventer.
Car avec la disparition de la médiation traditionnelle des partis politiques, le système, adossé au régime qui lui donne une légitimité apparente, se verrait alors dépouillé du vis-à-vis docile lui servant de pompier. Le saut dans l’inconnu que de nombreuses personnalités s’efforcent d’exorciser en appelant à une «transition pacifique» n’est qu’un vœu pieux. Presque une prière de sage que le pouvoir feint de n’entendre que d’une seule oreille. Comme d’ailleurs est en train de s’échafauder ce faux chantier de la révision constitutionnelle pour lequel il a déjà annoncé qu’il serait l’architecte exclusif, son obstination risque à terme de donner raison à l’émergence de terribles poudrières.
De celles dont on pourra expliquer pourquoi elles auront éclaté mais dont on ne saura pas à l’avance qui en tirera bénéfice. Dire par conséquent que le brain-trust du président de la République joue avec le feu est, à peine, un euphémisme.
B. H.

Mise au point
Inexactitudes à propos du «limogeage» de Lacheraf

A la suite de la publication de la «Lettre de province» de samedi dernier, consacrée au système éducatif, le passage citant le limogeage du ministre Lacheraf par Boumediène dont l’auteur affirmait qu’il aurait «cédé aux doctrinaires du parti unique qu’étaient les Cheriet et consorts», le chroniqueur a été destinataire de démentis quant à l’exactitude de cette assertion. Monsieur Lahcène Moussaoui, ancien haut fonctionnaire de la présidence à l’époque en question (1977-1978), nous a courtoisement rappelé la chronologie des faits tels qu’ils se sont enchaînés et au cours desquels Boumediène n’a jamais mis fin à la fonction du ministre Lacheraf. Celui-ci aurait effectivement émis le désir de démissionner face à l’acharnement de la critique mais à aucun moment le chef de l’Etat n’avait souhaité le libérer. Bien au contraire, il l’encouragera à résister et le confortera dans sa fonction. Cela est d’autant plus vérifiable et exact que Lacheraf demeurera à son poste bien après le décès du Président (décembre 1978). Son remplacement à la tête du ministère de l’Education nationale n’ayant eu lieu que lors de la formation du premier gouvernement de Chadli, à la mi-janvier 1979.
Dont acte.

 

Voir Taoura et mourir

Par Maâmar Farah
maamarfarah20@yahoo.fr

Dans la faible lueur qui descendait de la colline de Sidi Aïssa, où le soleil se consumait après sa course folle, cette fin d’après-midi de mai s’était habillée d’une couleur abstraite, irréelle, nourrie par une virevoltante tempête de sable qui faisait valser les papiers et les sachets dans la rue déserte. Etait-ce ce temps lourd et maussade, si propre à cette ville côtière, qui étouffait la pauvre Salima dans cette chambre impersonnelle de la clinique où les rideaux avaient été tirés sur le spectacle désolant de la rue livrée aux vents de sable ?

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La chaîne des livres (4)

Youcef Merahi
merahi.youcef@gmail.com

Une fois n’est pas coutume, j’inclus dans cette chaîne des livres le dernier opus d’un poète-chanteur, Isefra de Lounis Aït-Menguellet, édition Izem, 2014. Si cette huitaine de poèmes, et tous les autres de sa carrière, est publiée sous forme de recueil, utilisant du papier, il n’y aurait pas eu, me semble-t-il, une faute de goût. Continuer la lecture