Les choses de la vie
1 octobre 2015

Fini le monde unipolaire post 11 septembre ?

Par Maâmar Ferrah

L’implication de la Russie dans les frappes aériennes contre Daesh est un épisode marquant de l’après-11 septembre. Je le qualifierai même d’événement le plus important qui, au-delà de la symbolique d’un engagement militaire réel, qui n’a qu’un précédent : l’Afghanistan, signifie que le monde a cessé d’être unipolaire et que, désormais, soit nous marchons vers une seconde guerre froide — improbable —, soit la tendance sera à la détente.
En effet, depuis l’effondrement de l’URSS et le «trou noir» du 11 septembre, le monde s’est retrouvé aux mains d’une force qui est connue pour sa brutalité et son hégémonisme. Mais, à ce moment précis, elle avait pour dirigeants un conglomérat de puissantes associations, une secte maléfique composée d’intégristes chrétiens et sionistes, de chefs d’industries militaires et de grands financiers régentant le désordre monétaire international. Ce qu’on avait appelé la Nouvelle Droite travaillait à réaliser son scénario visant à faire peur aux Américains, grâce au précieux concours de leur agent Ben Laden dont je doute qu’il soit mort… Mais c’est une autre histoire.
Donc, cette force brutale et inhumaine va exploiter le plus formidable réseau de désinformation et de manipulation qui existe sur terre ! Les fameux Networks, médias totalement paralysés par le discours aseptisé et sclérosant qui agite tantôt la crainte d’un désastre nucléaire commandité par les «forces du mal», tantôt le nationalisme le plus bêtifiant. Par exemple, avant l’attaque de l’Irak par Bush junior (2003), des cabinets spécialisés étaient mis à rude épreuve pour inviter des personnalités connues sur les plateaux de télévision, lesquelles devaient crédibiliser l’idée d’un danger planétaire nommé Saddam Hussein. Reportages, études «scientifiques», cartes truquées, interviewes versaient dans le même sens. L’opinion américaine, qui est vraiment bernée par la «pensée unique» sous couvert de démocratie, marchera encore une fois dans ces combines dignes des pires dictatures. Le Patriot Act, espèce de prolongement du Maccarthysme, né des suites du 11 septembre, va bouffer toutes les libertés et l’on se demande si Orwell, en écrivant 1984, n’imaginait pas plutôt les Etats-Unis de 2004 !
Cette situation va aider les faucons à lancer leur guerre en Afghanistan, pour tenter de venir à bout de ces mêmes Talibans qu’ils ont aidés à combattre l’armée Rouge ! Al-Qaïda, c’est aussi leur création ! En Irak, le plan était tout autre : contrôler les richesses énergétiques, s’installer dans la région pour y foutre le b… (la preuve!) et entamer la division du pays pour y créer des républiques bâtardes et vendues à Israël, sur une base confessionnelle ou ethnique.
En face, la Russie, empêtrée dans les problèmes post-implosion, ne réagissait pas. Ce monde unipolaire n’était pas beau à voir. La «communauté internationale», un autre machin qui ne sert qu’à justifier l’injustifiable, va laisser faire, par impuissance ou lâcheté. La Chine est aux anges avec son économie qui flirte avec les sommets et l’Europe se découvre une vocation unitaire qui n’est nullement dans l’intérêt des peuples. Les argentiers et les industriels de l’armement, coalisés avec les multinationales et les Droites affairistes, vont tisser un nouveau territoire de la dé-solidarité, du chômage et de la désespérance… Ce sera, plus tard, une proie facile pour les atlantistes qui n’arrivaient jusque-là qu’à engager le soldat britannique dans leurs batailles conquérantes. Chirac et Schröder furent les derniers mohicans, les sages qui surent dire «non» à la barbarie de Bush junior. Le rigolo Sarkozy, qui n’en demandait pas tant, se mit tout de suite sous la coupe des sionistes, en faisant le garde-à-vous au drapeau étoilé. La suite, vous la connaissez !
Un sale printemps arabe va souffler sur les républiques du sud de la Méditerranée ou ce qui en reste… Les Etats-nations sont pulvérisés. Il n’y a plus de gauche et de droite en France, tous sont pour le plan sioniste. A l’un la Libye, à l’autre la Syrie ! Et comme le ridicule ne tue plus, voilà que le Président français le plus impopulaire envoie ses avions dans un défilé aérien au-dessus de la Syrie en invoquant — tenez-vous bien — la «légitime défense». Un jour, la vérité sur l’attentat de Charlie Hebdo et toutes les petites et grandes manipulations éclatera au grand jour et l’on comprendra que le Mossad a joué un grand rôle pour apeurer et radicaliser l’opinion française…
Je pense que le Président français a fait une grande bêtise en envoyant ses avions en Syrie. Ses services ont oublié de lui dire que là, il y a la Russie qui veille au grain. Ils ont oublié de lui rappeler que le Président «mou» a quitté le Kremlin et que c’est Poutine qui y habite de nouveau ! Ce dernier a laissé faire tant que le rapport de force n’était pas remis en cause car, si son aide militaire à Bachar Al Assad était réelle, elle n’était ni conséquente, ni directe. L’intervention de la France rendait l’auberge espagnole fréquentable par les Russes. C’est la meilleure décision de Poutine depuis qu’il est revenu aux affaires : vous voulez combattre Daesh, allons-y ! Mais lui, ne triche pas ! Il n’a pas aidé les djihadistes «modérés» en les armant et les formant, comme l’ont fait les Américains et les Français.
Cette incursion russe est une très bonne nouvelle pour tous les hommes épris de paix dans le monde. Elle signifie que des forces internationales saines peuvent mettre un terme à l’aventure des Rambos qui se verront contraints de reculer… Saha cheikh Mao : «L’impérialisme est un tigre en papier.»
M. F.

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